Заштићено: You move like music with your style
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Oran, langue morte (Assia Djebar)
„En ce temps là, chaque jour m’apportait sa nouvelle luisante de suie (par la radio, le journal ou le plus souvent par une voix familière, au téléphone, qui me secouait à l’aube ou quelque fois tard, juste avant la nuit) sa nouvelle de mort : assassinat d’un ami, d’une femme estimée ou admirée, d’un vieux professeur perdu de vue…Egalement annonce d’une mort anonyme – celle d’une étudiante, d’un syndicaliste, ou d’un ancien résistant de la guerre d’hier -, mort survenue dans un lieu traversé la veille, sur un marché fréquenté quotidiennement, une mort en somme si proche qui giclait, en un éclair, ses hideux détails, sa violence invraisemblable… En ce temps-là…“
Extrait tiré de la nouvelle „La fièvre dans des yeux d’enfant“.
S’il n’y avait pas tant de qns féministes dans les histoires je dirais que ce livre est excellent. Le livre est divisé en deux parties. La première est composée de quatre nouvelles et d’un conte tandis que la deuxième est composée d’un récit et d’une nouvelle. Les histoires traitent de la guerre en Algérie. La mort, la peur, la jalousie, l’adultère, la disparition, l’exil, la langue, la famille, la religion, la violence, l’amour, la guerre. Ce que ce livre raconte ne sont pas des histoires de guerre, mais la VIE dans la guerre et après. Dès la première nouvelle on est trainé dans l’histoire. On n’est plus le lecteur, on est un fantôme qui suit les narrateurs, qui sent l’air algérien et français, qui ressent les histoires tout comme les personnages. On les vit avec eux, et je recommande ce livre rien que pour le plaisir de passer un moment dans ce monde. Si vous n’aimeriez pas lire toutes les histoires, quoi qu’elles soient vos raisons, je vous recommande de lire au moins „La fièvre dans des yeux d’enfant“.
Pas mal. Pas mal du tout… 4/5
Wieland (Charles Brockden Brown)
„I feel a little reluctance in complying with your request. You know not fully the cause of my sorrows. You are a stranger to the depth of my distress. Hence your efforts at consolation must necessarily fail. Yet the tale that I am going to tell is not intended as a claim upon your sympathy. In the midst of my despair, I do not disdain to contribute what little I can to the benefit of mankind. I acknowledge your right to be informed of the events that have lately happened in my family. Make what use of the tale you shall think proper. If it be communicated to the world, it will inculcate the duty of avoiding deceit. It will exemplify the force of early impressions, and show, the immeasurable evils that flow from an erroneous or imperfect discipline.“
Quand j’ai entendu que c’est un livre du 18e siècle j’allais me tuer. Quelque chose de bien aurait pu se produire au 18e siècle en anglais? Je le doutais. Eh bien, je dois avoir que ce premier paragraphe m’a bien surpris, et j’avais envie de continuer de lire. Plus j’avançais dans le roman, plus je voulais apprendre ce qui arrivera à la fin. J’étais tiré par les événements qui arrivaient au narrateur; ce bouleversement du monde que le narrateur connaît m’a plu. J’ai trouvé le roman bien écrit. Très bien même. Mystère, stupeur, soulagement, dégoût. Pas dans cet ordre exact, mais à travers la lecture c’est ce que je ressentais. Contente de voir qu’il ya qqch de bien écrit en anglais, je le recommande.
Pas mal. Pas mal du tout… 4/5
Заштићено: Esquece o teu passado, o caminho é para a frente. Não há dúvidas, tu sempre foste diferente…
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Jonathan Livingston Seagull (Richard Bach)

„It was morning, and the new sun sparkled gold across the ripples of a gentle sea. A mile from shore a fishing boat chummed the water, and the word for Breakfast Flock flashed through the air, till a crowd of a thousand seagulls came to dodge and fight for bits of food. It was another busy day beginning.“
Je ne dirai pas que le roman est nul. Non. Une lecture très facile, inspirante peut-être? Je recommanderai ce livre aux enfants, vu qu’il évoque ‘la liberté’ individuelle et suggère que pour réussir il faut faire un effort.
Pas mon style, mais le potentiel est là… 2/5
Lettres parisiennes (Nancy Houston et Leïla Sebbar)

„Deux femmes s’écrivent. De Paris à Paris. L’une est née au Canada anglais, l’autre dans l’Algérie française. Elles quittent le pays natal vers vingt ans pour la France, la langue et l’université françaises, Paris. Pour l’une c’est une rupture radicale, pour l’autre c’est à peine un déplacement géographique… jusqu’au moment où elles se demandent si elles sont en exil, dix ou quinze années plus tard. La première dit que non, la seconde dit que oui. Alors elles s’écrivent. Décident de s’écrire des lettres sur l’exil.“
J’ai très peu de commentaires sur ce livre. Bourré des questions féministes et des questions sur l’exil, ces lettres sont très plates. Aux rares occasions on y trouve un peu d’intérêt. Les lettres soulèvent cette question d’exil, mais c’est à peu près tout ce qu’elles font.
Non-recommandé, mais ça peut servir… 1/5
Ainsi parle la Tour CN (Hédi Bouraoui)

„Tous les chemins mènent à moi et le ciel est ma limite. Mais qui au jour d’aujourd’hui est capable de chapeauter la plus majestueuse et la plus haute structure du monde? Comment puis-je me vanter de la sorte? Tant de brochures en papier luxueux et glacé répètent les mêmes slogans: merveille des hauteurs, chef-d’œuvre d’architecture, place pour tous les publics et pour toutes les saisons… Seuls les Amérindiens ont pu me coiffer même si les hordes du monde m’ont fait surgir de ce sol qui leur appartient en première instance. Dans ce God’s Country, je suis la silhouette du futur qui ne prend la parole qu’en clips ethnoscapes. Non pour narguer votre curiosité, mais pour avoir droit aux mots qui ont fait ma réputation Anti-Babel. Moi, le cygne triomphant du béton armé érigé par la puissance financière de la majorité silencieuse. Je ne vous tracasserai pas avec les détails de mon surgissement sur ce „lieu de rencontres“ nommé Toronto par ce peuple autochtone qui a laissé ses plumes joncher les milliers d’arpents de neige.“
Qu’est ce que j’ai à dire à propos de ce roman? Voyons… Je l’ai commencé pour un cours, je n’avais aucune envie de le lire. Mais il fallait commencer, et c’est ce que j’ai fait. Malheureusement après les deux premières lignes j’ai perdu interêt, le roman traînait avec moi au cours. La lecture fût longue. Les 350 pages me semblaient être 35 000 pages. Une histoire contée par la tour CN. Une histoire sur les problèmes des immigrants, des minorités, une histoire sur l’amour, sur l’appartenance, sur les préjugés. Une histoire, à mon avis, nulle. Je ne conseillerais ce livre qu’à mon ennemi. Je n’ai pas aimé le style de l’auteur, la Tour (le narrateur) zigzaguait partout, se ventait, décrivait qui est elle… franchement je ne considère pas ce roman un roman. C’est un tas de phrases ridicules, enchaînées de façon à nous faire souffrir durant la lecture…
Abordez la lecture à votre propre risque… 0/5
Romance de la luna, luna
La luna vino a la fragua
con su polisón de nardos.
El niño la mira mira.
El niño la está mirando.
En el aire conmovido
mueve la luna sus brazos
y enseña, lúbrica y pura,
sus senos de duro estaño.
Huye luna, luna, luna.
Si vinieran los gitanos,
harían con tu corazón
collares y anillos blancos.
Niño déjame que baile.
Cuando vengan los gitanos,
te encontrarán sobre el yunque
con los ojillos cerrados.
Huye luna, luna, luna,
que ya siento sus caballos.
Niño déjame, no pises,
mi blancor almidonado.
El jinete se acercaba
tocando el tambor del llano.
Dentro de la fragua el niño,
tiene los ojos cerrados.
Por el olivar venían,
bronce y sueño, los gitanos.
Las cabezas levantadas
y los ojos entornados.
¡Cómo canta la zumaya,
ay como canta en el árbol!
Por el cielo va la luna
con el niño de la mano.
Dentro de la fragua lloran,
dando gritos, los gitanos.
El aire la vela, vela.
el aire la está velando.
~ Federico García Lorca
Le tombeau des rois
J’ai mon coeur au poing
Comme un faucon aveugle.
Le taciturne oiseau pris à mes doigts
Lampe gonflée de vin et de sang,
Je descends
Vers les tombeaux des rois
Étonnée
À peine née.
Quel fil d’Ariane me mène
Au long des dédales sourds ?
L’écho des pas s’y mange à mesure.
(En quel songe
Cette enfant fut-elle liée par la cheville
Pareille à une esclave fascinée ?)
L’auteur du songe
Presse le fil,
Et viennent les pas nus
Un à un
Comme les premières gouttes de pluie
Au fond du puits.
Déjà l’odeur bouge en des orages gonflés
Suinte sous le pas des portes
Aux chambres secrètes et rondes,
Là où sont dressés les lits clos.
L’immobile désir des gisants me tire.
Je regarde avec étonnement
À même les noirs ossements
Luire les pierres bleues incrustées.
Quelques tragédies patiemment travaillées,
Sur la poitrine des rois, couchées,
En guise de bijoux
Me sont offertes
Sans larmes ni regrets.
Sur une seule ligne rangés :
La fumée d’encens, le gâteau de riz séché
Et ma chair qui tremble :
Offrande rituelle et soumise.
Le masque d’or sur ma face absente
Des fleurs violettes en guise de prunelles,
L’ombre de l’amour me maquille à petits traits précis ;
Et cet oiseau que j’ai
Respire
Et se plaint étrangement.
Un frisson long
Semblable au vent qui prend, d’arbre en arbre,
Agite sept grands pharaons d’ébène
En leurs étuis solennels et parés.
Ce n’est que la profondeur de la mort qui persiste,
Simulant le dernier tourment
Cherchant son apaisement
Et son éternité
En un cliquetis léger de bracelets
Cercles vains jeux d’ailleurs
Autour de la chair sacrifiée.
Avides de la source fraternelle du mal en moi
Ils me couchent et me boivent ;
Sept fois, je connais l’étau des os
Et la main sèche qui cherche le coeur pour le rompre.
Livide et repue de songe horrible
Les membres dénoués
Et les morts hors de moi, assassinés,
Quel reflet d’aube s’égare ici ?
D’où vient donc que cet oiseau frémit
Et tourne vers le matin
Ses prunelles crevées ?
~ Anne Hébert